La règle du jeu…

Pas le film de Renoir, mais les premières pages du livre de Bernard Diridollou  « Manager son équipe au quotidien » que j’ai relu cet été.

De façon simple et pragmatique, l’auteur redéfini ce que sont des règles du jeu efficaces et pourquoi elles sont indispensables.

Un bref préambule pour rappeler le paradoxe de l’esprit français :

– d’une part nous préférons en général les situations légèrement floues, laissant à chacun la possibilité de faire « à sa façon »  ( Je parle ici de situation floue et non d’autonomie, l’autonomie étant par nature un acte réfléchi par la hiérarchie, un a priori et non une conséquence) ;

– d’autre part, la tradition égalitariste née de notre histoire commune nous amène en général à revendiquer, à situation identique, une égalité de traitement. Egalité qui n’est possible que si les règles de fonctionnement sont clairement définies.

Aussi l’absence de règles connues, claires et respectées génère-t-elle des situations souvent intenables, chacun interprétant les événements à sa façon.

L’auteur défini les 6 incontournables d’une règle du jeu efficace :

Elle s’exprime clairement : pas d’implicite ouvrant la porte aux interprétations de chacun.

Elle est applicable : mieux vaut pas de règle qu’une règle inapplicable.

Elle est utile : on n’édicte pas des règles pour édicter des règles mais pour aider à l’atteinte de l’objectif commun.

Elle est contractuelle : elle est le fruit d’un engagement réciproque des collaborateurs et de la hiérarchie.

Elle est protectrice : elle garantit le cadre de l’action tant pour le collaborateur que pour le manager.

Elle est souple : une règle ne doit pas être un frein. Une certaine souplesse peut être acceptable.

Sur ce point j’ai une sensible divergence de vue avec Bernard dans la mesure où la souplesse risque d’avoir tôt fait de rendre la règle nulle et non  avenue ( cf  l’esprit français…). Je préfère donc, quand il est avéré qu’une règle peut être un frein à l’entreprise commune, la redéfinition de la règle à la souplesse.

En conclusion :

Prenez le temps de vérifier que les règles du jeu avec votre équipe sont clairement définies, connues et acceptées de tou(te)s et que les hors-jeu sont justement sanctionnés.  Ceci fait vous simplifierez grandement votre vie de manager bien sûr mais aussi et surtout vous ferez baisser le niveau de stress vos collaborateurs en leur offrant un environnement de travail plus serein et lisible.

 

 

 

 

 

Les paradoxes du dirigeant

Paradoxalement, le dirigeant, alors qu’il est en général entouré et conseillé, est enfermé dans une solitude de par :
– sa fonction ;
– son image ( celle qu’il se fait de lui et celle que les autres se font de lui) ;
– son entourage
– sa capacité (attendue, supposée, réelle ou contestée) à résoudre les problèmes de l’entreprise.

Ces 4 points, imposent souvent au dirigeant de résoudre un certain nombre de paradoxes. Et le coach peut, (doit), l’aider à trouver en lui les ressources nécessaires.

1er Paradoxe :
C’est au moment où il aurait le plus besoin d’aide, que la solitude du dirigeant est la plus grande.
Sa présence au sommet peut tendre à lui faire penser qu’il doit se débrouiller tout seul et ne demander de l’aide à personne. Plus il est en difficulté, moins il veut (peut) le montrer.
On pourrait faire le lien avec le complexe de l’imposteur et la crainte latente, et en général infondée, d’être « démasqué ».

Pour peu qu’il ait le sentiment d’avoir accédé au sommet grâce à ses seules compétences, l’idée que personne ne peut lui apporter une aide compétente risque de se renforcer.
Le danger est alors de croire que ce n’est que dans la solitude que l’on peut y arriver.
Et il lui est difficile de sortir de cette croyance, renforcée par le fait qu’une fois au pouvoir, il faut y rester.

2ème paradoxe :
Le dirigeant est fantasmé par les autres et par lui-même en une sorte de confusion entre la fonction et celui qui la remplit. C’est ainsi que le dirigeant peut être amené à avoir une image de lui même conformée par l’image qu’il se fait du poste de dirigeant.

Par ailleurs, l’accès à cette fonction s’accompagne d’attributs objectifs du pouvoir (en quelque sorte le « moi peau » du dirigeant) : statut, salaire, voiture, bureau…
Ces attributs symboliques deviennent objectifs et renforce tous les jours la vision fantasmatique de son poste. Vison fantasmatique élaborée tant par le dirigeant lui même que par « les autres ».

De nouveau, sa fonction crée une distance avec à son environnement et parfois avec lui même  et engendre, comme le 1er paradoxe, un isolement.
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