La filière inversée…

A la fin des années 50 John Galbraith prenait à contre-pied les tenants de l’économie néo-classique, affirmant que le concept d’économie de marché ne faisait pas sens.

Dans l’économie de marché, c’est le client roi qui par sa demande oriente la production des entreprises. Or Galbraith nous dit« que nenni » : ce sont les grandes structures, les « firmes », qui à grand renfort de marketing en amont puis de publicité et crédit à la consommation en aval font acheter aux consommateurs ce qu’elles ont décidé de produire pour des raisons qui leur sont propres et n’ont rien à voir avec une demande formulée par le marché. C’est ce qu’il nomme la « filière inversée » par opposition à la filière directe (dans laquelle c’est la demande qui oriente l’offre)

Force est de constater que la plupart des innovations créatrices de richesse ne sont pas issues d’une demande des consommateurs : pas de demandes consommateurs initiales pour un quelconque ordinateur personnel, ni internet, ni GSM, ni sans doute télévision, ampoule électrique ou hypermarché pour n’en citer que quelques unes. Or ces quelques inventions ont à la fois changé nos vies et créé de la richesse. L’approche de Galbraith est plus que jamais d’actualité à la croisée des vingtième et vingt et unième siècles. Continuer la lecture

Sérendipité…l’art de trouver ce qu’on ne cherchait pas en ne trouvant pas ce qu’on cherchait…

LA sérendipitéVenue d’un conte publié au 16 ème , mise en avant par un auteur anglais au 18 ème, source d’inspiration de Voltaire dans Zadig, la « serendipity » est arrivée il y a peu dans nos entreprises après une première tentative passée inaperçue à la fin des années 50 .

Royaume au départ, elle est devenue un outil clé de l’élaboration des stratégies d’entreprise.
En favorisant la mise en concurrence des paradigmes, en facilitant l’éclairage des points aveugles, elle permet de regarder les problèmes en changeant de lunettes, elle modifie le cadre de référence et crée donc les conditions de la survenue de solutions réellement novatrices. La sérendipité ne se décrète pas, elle n’émerge que lorsque l’habitude, le « on a toujours fait comme ça », le   « oui mais dans notre métier c’est pas pareil  » et autres bonnes raisons de préférer un rassurant statu quo ont été, si ce n’est jetés aux orties, du moins écartés pour quelque temps. Alors seulement les yeux s’ouvrent et permettent, en humant l’air purifié des idées reçues et préconçues, de trouver (parfois) la perle rare, l’idée forte et inattendue, la rupture, l’avantage concurrentiel.

Pour finir sur un sourire, en citant un chercheur néerlandais dont j’ai oublié le nom : « la sérendipité,  c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin et en sortir avec la fille du fermier. »