La filière inversée…

A la fin des années 50 John Galbraith prenait à contre-pied les tenants de l’économie néo-classique, affirmant que le concept d’économie de marché ne faisait pas sens.

Dans l’économie de marché, c’est le client roi qui par sa demande oriente la production des entreprises. Or Galbraith nous dit« que nenni » : ce sont les grandes structures, les « firmes », qui à grand renfort de marketing en amont puis de publicité et crédit à la consommation en aval font acheter aux consommateurs ce qu’elles ont décidé de produire pour des raisons qui leur sont propres et n’ont rien à voir avec une demande formulée par le marché. C’est ce qu’il nomme la « filière inversée » par opposition à la filière directe (dans laquelle c’est la demande qui oriente l’offre)

Force est de constater que la plupart des innovations créatrices de richesse ne sont pas issues d’une demande des consommateurs : pas de demandes consommateurs initiales pour un quelconque ordinateur personnel, ni internet, ni GSM, ni sans doute télévision, ampoule électrique ou hypermarché pour n’en citer que quelques unes. Or ces quelques inventions ont à la fois changé nos vies et créé de la richesse. L’approche de Galbraith est plus que jamais d’actualité à la croisée des vingtième et vingt et unième siècles. Continuer la lecture