Les SCOP, pas si ringardes…

Comme beaucoup, je pense, j’avais une image un peu ringarde des Sociétés Coopérative Ouvrières de Production: Les SCOP.

Je remâchais quelques idées reçues à leur sujet :  » C’est un chant du cygne pour les entreprises en difficulté », « ça ne fait pas de bénéfice », « c’est réservé à certains type de métiers », « c’est peu motivant pour les dirigeants et l’encadrement » et « ça ne peut pas avoir d’investisseurs extérieurs, donc ça ne peut pas se développer ».

Et puis ( sérendipité oblige) hier en cherchant autre chose sur le Net, je tombe sur une entreprise qui fait du conseil et de la formation organisée en SCOP. Un clic plus loin je me retrouve sur « le site  » des SCOP. Le choc !

J’y ai découvert un modèle moderne, fiable, viable, très « développement durable » et faisant la part belle à l’entreprise en tant qu’aventure collective.

Je le pensais réservé aux imprimeries de province moribondes ( entendons nous bien je n’ai rien contre les imprimeries ni contre la province !). J’y découvre par exemple une entreprise qui crée des jeux vidéo en ligne, un éditeur  de logiciel de CAO, une entreprise spécialisée dans le décor urbain qui exporte au bout du monde ou encore, surprise des surprises pour moi : un call center ! Et j’y ai aussi appris que seules 5% des SCOP sont crées « à partir » d’entreprises en difficulté !

Bien évidemment, le monde des SCOP n’est probablement pas le monde de OUI-OUI. L’environnement économique et concurrentiel se moquant bien du mode d’organisation interne des entreprises, les SCOP comme les autres sont confrontées à la difficulté. Et comme l’humain n’y est en aucun cas une variable d’ajustement, les dirigeants des SCOP ont parfois à relever des défis organisationnels et de compétitivité particulièrement complexes.

Bien évidemment, les salariés, actionnaires de leur entreprises y ont un fort droit à la parole ( sur le principe un Homme une voix) et une part statutaire des bénéfices en tant qu’actionnaire ( rémunération du capital) mais aussi en tant que salarié  (reconnaissance de l’impact du travail sur le résultat de l’entreprise). Mais ils ont aussi sur leurs épaules le risque, si l’entreprise défaille, de perdre à la fois travail et capital.

Mais nul doute que pour les défenseurs de la subsidiarité et de la co-élaboration dont je fait partie, ce modèle valorisant les co-entrepreneurs est plus que séduisant.

Et si les SCOP ne sont que 2000 en France à l’heure actuelle, il y a toutes les raisons de penser qu’elles vont se développer tant leur modèle est en phase avec les mouvements sociétaux actuels.

Le lien du site pour en apprendre plus : http://www.les-scop.coop

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