L’élément humain…inclusion, contrôle, ouverture.

Je voulais faire un post sur le circuit de confiance, un concept élaboré par Vincent Lenhardt à partir de Schutz, de la théorie Z de Ouchi et des apports de Bertrand Martin dans son livre « Osez la confiance ».
Mais sans repasser, a minima, par la notion d’Inclusion – Contrôle – Ouverture, développée dans l’Elément Humain, l’article manquait de sens. D’où ces lignes sur cette triple notion sans laquelle, selon moi, une équipe aura du mal à prétendre atteindre un niveau supérieur de performance.

Inclusion, Contrôle et Ouverture ne sont qu’un des aspects du travail de W.Schutz, mais ces 3 points sont « relativement » facile à faire vivre dans le cadre de groupes de travail participatifs.

Or je préfère travailler sur des items faciles à mettre en oeuvre et à faire vivre, partant du principe que le plus performant des concepts reste une belle théorie si personne ne l’applique dans l’entreprise.

Inclusion : Suis-je dedans ?

L’inclusion est une forme de « création d’un espace » offrant à chacun la possibilité d’exister dans le groupe. L’inclusion est le moment de la prise de contact avec les autres. Elle est cruciale dans le processus de constitution du groupe où la première question à poser : « Est-ce-que je souhaite être in ou out? »
La réponse à la question étant dans « l’ici et maintenant », la phase d’inclusion n’est pas réservée à la première rencontre du groupe. Elle doit avoir lieu a minima à chaque nouvelle session de travail du groupe.
Techniquement, l’inclusion passe par un exercice (un chant, un jeu de ballon, une
peinture collective, une parole prononcée…) dont le but est de mettre des frontières (être au-dedans ou au-dehors) et par là même de faciliter la prise de conscience de l’appartenance au groupe.
Cela passe par la reconnaissance de l’importance de chacun. L’inclusion permet de répondre, individuellement, à 4 questions implicites qui se posent en général aux membres du groupe :
Pour qui suis-je important ?
Est-ce que j’arrive à être important dans le regard que j’ai sur moi ?
Est-ce que je vois l’autre comme important ?
Est-ce que l’autre me voit comme important ?

Le moment de l’inclusion doit être sécurisant pour tous. Notamment pour ceux qui manquent de confiance en eux qui éprouvent des difficultés à entrer dans un groupe.
Chacun doit être au même niveau : « Je me sens vivant et j’ai de la valeur. » Nous avons vu plus haut que les jeux sont un élément fondateur de la phase d’inclusion.
Il importe que ceux-ci soient accessibles ( techniquement et psychologiquement) à chaque membre du groupe. il serait dommageable qu’un exercice ait pour conséquence de mettre quelqu’un mal à l’aise et de l’exclure du groupe au lieu de l’inclure.

Et qui dit in-clusion dit -clusion. Donc ne pas se quitter  » à la va vite », prendre le temps de se séparer pour paradoxalement rester ensemble.

Contrôle : Suis-je compétent ?

Lorsqu’on parle de contrôle, on parle de « pouvoir d’agir » donné à chacun des membres du groupe. Ce pouvoir doit être partagé entre tous les membres du groupe et il ne peut l’être que si chacun est reconnu par lui-même et par les autres comme étant
responsable et compétent. Si chacun peut trouver les réponses à trois questions souvent implicites :
Est-ce que je me vois compétent ?
Est-ce que je vois l’autre compétent ?
Est-ce que l’autre me voit compétent ?

Le contrôle est à la fois un moment et un ensemble de règles qui doivent apporter de la sécurité à tous et mettre chacun au même niveau. A ce prix il protège et est sécurisant.
Nous parlons ici de travail d’équipe et de mode participatif.
Il importe donc que le contrôle ne soit pas exercé par une seule personne, qui aurait ou qui prendrait le pouvoir sur le groupe.
D’où l’importance d’édicter un corpus de règles communes ( confidentialité, ponctualité, respect, écoute bienveillante, implication etc.), acceptées explicitement par le groupe et par chacun des membres du groupe.
A noter qu’un certain formalisme dans l’acceptation des règles peut parfois être utilisé lorsque les enjeux, les personnes en présence ou les risques de dysfonctionnement le rendent a priori nécessaire.
Ce formalisme, parfois perçu comme un peu lourd, voire ridicule, permet un recours opposable en cas de dysfonctionnement, les règles ayant été au préalable formellement acceptées par chaque membre du groupe.

Ouverture : Suis-je aimable ?

Chacun est dans le groupe, la parole est sécurisée, la confiance (en soi et dans les autres) est installée. Chacun étant respecté et sachant que sa parole sera respectée, peut s’ouvrir aux autres.
Comme l’inclusion et le contrôle, l’ouverture permet d’apporter des réponses à des interrogations implicites :
Est-ce que l’on m’apprécie ?
L’autre est-il aimable ?
Puis-je montrer ma fragilité sans me faire écraser ?
Puis-je accepter les fragilités de l’autre ?

Lorsque les phases d’inclusion et de contrôle ont été bien menées, lorsque le groupe a pu faire la preuve qu’il savait respecter les règles, alors, l’ouverture est là. Les conflits, patents ou latents peuvent être exposés et traités sans remise en cause du groupe ni de l’appartenance au groupe. Chacun est conscient des enjeux, chacun est au même niveau d’acceptation de soi et de l’autre. Même si les échanges touchent des zones sensibles portant sur des qualités ou défauts des uns ou des autres, cela se passera sans heurts.

Après ces quelques précisions sur ce qui est pour moi un des éléments clé de la création de groupe performant, nous pourrons aborder prochainement la notion de cercle de confiance.

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