Homéostasie…

Si il est une occasion dans la vie d’une entreprise où le partage d’une représentation commune est un point de passage obligatoire c’est lors de la mise en œuvre d’un projet de changement.

Sans mise en commun du cadre de référence, sans communauté de perception de l’environnement, le changement sera dans le meilleur des cas mal vécu par une partie de l’organisation ou, dans le pire, victime de l’homéostasie qui par nature prédomine.

Le travail de l’école de Palo Alto sur la systémique, en pointant 2 types de changement, a mis en avant cette nécessité. Cela permet de comprendre une partie des difficultés parfois rencontrées quand bien même tous les intervenants « font le maximum ».

Si une partie des acteurs voit un changement de type 2, un changement du système dans son entier, un changement qui change le système lui-même et pas seulement ses composantes, alors que l’autre partie vit un changement de type 1, n’affectant que certaines composantes, voire toutes les composantes du système mais sans changer le système en tant que tel, on comprendra aisément le risque.

Les uns appréhenderont une modification des outils et des flux au sein d’un environnement globalement inchangé quand les autres seront confrontés à une disparition pure et simple de leur ancien cadre de travail et à son remplacement par un système inconnu. Et donc par nature hostile. D’où des risques d’incompréhension et, a minima, des difficultés de mises en œuvre.

Si la représentation des différents états du ou des systèmes est partagée par tous, le pilotage du changement n’en sera pas forcément plus facile, mais au moins toutes les parties prenantes seront-elles certaines d’être dans le même bateau et non dans une galère.

Enfin, la tentation est souvent forte de « sur-vendre » aux équipes ce qui va changer en pointant les probables améliorations apportées par le changement, alors que le plus souvent l’attente porte plus sur une réassurance quant à ce qui ne va pas ou peu changer. C’est en effet ce qui ne va pas changer qui va faire le lien entre l’ancien et le nouveau système et donc diminuer l’hostilité perçue du futur.

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